Loin de n’être que virtuel, le numérique à un impact direct sur l’environnement. Des composants présents dans les smartphones à la consommation énergétique des data centers, l’empreinte écologique de nos modes de vie numériques est loin d’être anodin.

Des équipements et usages énergivores
Smartphones, ordinateurs, objets connectés, d’après l’Ademe 9 milliards d’appareils connectés seraient actifs dans le monde, le stockage et l’échange de données qui découlent de leur usage mobiliseraient 45 milliards de serveurs. Et la consommation d’énergie nécessaire au fonctionnement de tout ce petit monde équivaudrait à celle d’un pays développé. Oui, en plus de l’énergie consommée par nos ordinateurs et téléphones, toutes les actions faites sur internet, de l’envoi d’un email à la publication de cet article, en passant par le stockage de photos dans le cloud ou le visionnage de films en streaming, toutes impliquent une consommation d’énergie. Les serveurs qui stockent et traitent les données numériques ont en effet besoin d’énergie pour leur fonctionnement et leur refroidissement, ils contribuent à 25 % des émissions de gaz à effet de serre générées par le numérique, il en va de même pour les infrastructures de réseau nécessaires au transport des données.

Des conditions de fabrications problématiques
Mais l’impact en termes de consommation d’énergie ne commence pas à l’allumage de nos appareils, leurs fabrications nécessitent également beaucoup d’énergie, une électricité qui suivant les pays de localisation des usines est plus ou moins « verte ». L’impact écologique de la fabrication des équipements ne s’arrête pas là. Les composants micro-électriques de nos smartphones, ordinateurs, tablettes sont produits à partir de métaux rares. Comme leur nom l’indique, ces métaux sont disponibles de manière très diluée, il faut ainsi extraire 2kg de matière première pour une puce de 2g. Cette extraction, qui a lieu principalement en Chine et au Congo, pose non seulement des problèmes écologiques et sanitaires, mais également sociaux et même géopolitiques. Elle est d’autant plus préoccupante que le rythme d’achat d’équipements s’intensifie, par effet de mode ou manque de répéarabilité, et que très peu d’entre eux sont recyclés.

Des points positifs… Tout de même
Si l’empreinte négative du numérique sur l’environnement est conséquente, de nombreux progrès sont également possibles grâce à ces technologies. La domotique et les smart cities, permettent une gestion plus optimisée de l’énergie, les sites de covoiturage réduisent le nombre de trajets individuels, et des solutions innovantes dans le domaine agricole promettent une meilleure utilisation des ressources naturelles…

Quelques conseils  
L’Ademe a édité un guide complet pour nous aider à réduire les effets négatifs de notre utilisation du numérique, parmi les conseils :
– Garder les équipements plus longtemps, tout simplement
– Penser au don, au troc, et au reconditionnement
– Eteindre les appareils, imprimantes, et box quand ils ne servent pas
– Désactiver les fonctions wifi, GPS, bluetooth quand on ne s’en sert pas
– Trier les emails et documents stocker sur le cloud
– Cibler les destinataires des emails et optimiser la taille des pièces jointes
– Préférer le stockage local
– Limiter le nombre de programmes ouverts en même temps